Samedi 5 septembre 6 05 /09 /Sep 11:46

Actif : Ensemble des biens et des créances appartenant a un agent économique.

Autorité des Marchés Financiers (AMF) : Autorité publique indépendante chargée de contrôler les secteurs financiers et boursiers.

Ajustement de la balance des paiements : Politique économique dont l’objectif est le rééquilibrage de la balance des transactions courantes.
 

Balance commerciale : Compte statistique qui retrace les échanges de marchandise (bien matériel) entre un pays et le reste du monde.

Balance des capitaux : Compte statistique retraçant l’ensemble des échanges des capitaux entre un pays et le reste du monde.

Balance des paiements : Compte statistique qui retrace l’ensemble de relations économiques (commerciales, financières et monétaires) effectuées durant une année entre un pays et l’extérieur.

Bilan : Document comptable établi chaque année par l’entreprise pour présenter d’un instant donné la situation de son patrimoine.

Bourse : Lieu permettant la confrontation des demandeurs et des offreurs pour un produit donné

Bourse des valeurs : Marché organisé où s’échange des valeurs mobilières (actions et obligations).



Capitaux propres (fonds propres) : Fonds apportés par le ou les propriétaires de l’entreprise et formant son capital social auxquels s’ajoutent les bénéfices non distribués.

Compte financier : Nom donné en France à la balance des capitaux.

Compte ou balance des transactions courantes : Compte statistique qui retrace l’ensemble des échanges de biens et de services entre un pays donné et l’étranger.


Déficit commercial
 : Solde négatif de la balance commerciale résultant d’exportations inférieures aux importations.

Déficit  courant : Solde négatif de la balance (ou du compte) des transactions courantes.


Investissement institutionnels : Institution financière disposant de ressources considérables et jouant un rôle important à la bourse.

Immobilisation : Utilisation des fonds de l’entreprise pour l’organisation de biens matériels qui demeurent dans l’entreprise une certaine durée.



Marché dérivé : Forme de marché sur lequel sont négociés des contrats portant sur l’avenir et dérivant de produit faisant l’objet de cotations au comptant

Marché financier (sens strict) : Compartiment de la bourse des valeurs que concerne les émissions d’actions et d’obligations (marché primaire pour les capitaux a long terme).

(Sens large) : Bourse des valeurs comprenant le marché primaire (émissions) et le marché secondaire (échange de valeur mobilière déjà émises).       

Marché à terme international de France : Marché à terme permettant de se protéger contre les risques de fluctuation des taux d’intérêts.

Marché à terme : Marché sur lequel sont rendus des transactions dont les modalités (quantités, vendues ou achetées, prix échéance) sont fixées le jour de l’opération, mais dont la réalisation intervient à une date ultérieur.

Marché au comptant : Marché sur lequel sont conclus des transactions dont le règlement et la livraison interviennent immédiatement.


Offre Publique d’Achat (OPA) : Opération financière qui permet à l’entreprise de prendre le contrôle d’une autre en proposant publiquement aux actionnaires de cette dernière de racheter leurs actions à un prix plus élevé que les cours du marché.

OPCVM : Produit d’épargne collective gérée par une institution financière qui acquiert des valeurs mobilières pour le compte des épargnants.



Passif : Ensemble des dettes d’un agent économiques, ensemble des ressources d’une entreprise.


Reserve de change : Masse totale des devises dont dispose un pays à un moment donné.


Solde commerciale : Différence entre les exportations et les importations.

Solde financier ou solde de la balance des capitaux : Différence entre les entrée de capitaux en France (apport de devise) et les sorties de capitaux (nécessité d’obtenir des devises).

SICAV : (Société d’Investissement à Capital Variable) Société offrant des produits d’épargne collective et dont le capital varie chaque jours en fonction des apports et des retraits des épargnants.      

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Samedi 29 août 6 29 /08 /Août 17:05

                 I)  Les fondements de la théorie keynésienne

Le cœur de l’analyse keynésienne est le refus de faire confiance aux mécanismes du marché pour rétablir spontanément l’équilibre. Comme cette analyse s’inscrit dans le cadre de la grande dépression des années 30, le déséquilibre majeur auquel pense Keynes est alors le chômage. Le maintient  d’un important taux de chômage apportait la démonstration de l’échec de la théorie néo-classique selon laquelle les fluctuations étaient de courte durée et devaient se corriger d’elles-mêmes. Si Keynes ne croit pas au caractère autorégulateur du marché, il ne condamne pas pour autant l’économie de marché. Pour lui, celle-ci est tout à fait compatible avec une certaine intervention de l’Etat. En outre, Keynes reconnait aux entrepreneurs le rôle primordial dans le fonctionnement de l’activité économique. Ce sont en effet les chefs d’entreprises qui décident seuls du niveau de la production et donc des emplois nécessaire.


Il est important, enfin de garder à l’esprit que les principaux raisonnements keynésiens ne s’appliquent qu’à des situations particulières, se manifestant sur une courte période, dans lesquelles les facteurs de production sont sous-utilisés. La sous utilisation du facteur travail correspond au chômage puisque tous ceux qui souhaitent travailler ne le peuvent pas. La sous utilisation du facteur capital signifie que toutes  les capacités de production (les machines, équipement, etc.) existant dans les entreprises ne sont pas employées ; les entreprises ont acquis des équipements qui ne fonctionne pas a plein régime car les entreprises jugent inutile de produire des biens qui ne seront pas vendus, faute d’une demande suffisante. L’existence d’équipement sous utilisés permet une reprise rapide de la production, sans embauche ni investissements nouveaux, dès lors que la conjoncture s’améliore.


               II) L’analyse keynésienne de l’activité économique

                        1) Une analyse en termes de circuit


Keynes se place immédiatement dans la perspective macroéconomique. Contrairement à l’analyse néo-classique qui examine les actions individuelles des agents économiques sur les différents marchés, l’analyse keynésienne décrit et étudie les relations entre les grandes variable économiques que sont la production, la consommation, l’emploi, etc. Au lieu de s’en tenir à un fonctionnement de l’activité comme résultat de l’ensemble des comportements des individus, l’analyse keynésienne met l’accent sur les interdépendances globales (offre globale, demande globale, etc.).


                    2) La demande effective et l’équilibre de sous-emploi


Keynes réfute l’analyse néo-classique selon laquelle un déséquilibre lié à une offre de travail des salariés supérieurs  à la demande de travail exprimé par les entreprises (chômage) se résorbe grâce a une baisse des salaires.  

Normalement, selon cette théorie, le chômage (l’excès d’offre) devrait conduire à une baisse du prix d’équilibre sur le marché du travail, c’est-à-dire une baisse des salaires, et donc à une augmentation de la demande de travail (baisse du chômage.). Mais comment expliquer alors que, durant les années 1930, le chômage ne diminue pas ? Comment analyser la persistance d’un chômage très élevé ?

La réponse de l’école néo-classique a consisté à dire que le chômage se maintenait ainsi car les individus le voulaient bien ; c’est la notion de « chômage volontaire ». Pour les néo-classiques, les chômeurs ne souhaitent pas travailler aux niveaux de salaires proposés par les entreprises. A l’inverse, en acceptant une telle baisse des rémunérations, ils pourraient trouver du travail sans difficultés.

Keynes refuse cette explication. Une baisse des salaires ne peut conduire qu’à une réduction du pouvoir d’achat des consommateurs et donc à une diminution de la demande sur laquelle peuvent compter les entrepreneurs. En soulignant que le chômage ne peut être qu’involontaire, Keynes complète sa démonstration du fonctionnement « en circuit » de l’économie.


L’élément fondamental de l’édifice keynésien est le principe de la demande effective, c’est-à-dire, la demande anticipée par les entreprises, afin de leur permettre la mise en œuvre d’un certain niveau d’investissement et donc d’emplois.


Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la demande des agents qui constitue le moteur de la vie économique, mais l’offre des entreprises, celle-ci étant déterminé par une certaine idée qu’elles se font de la demande future (il s’agit d’une anticipation). Les anticipations des entrepreneurs sont donc à l’origine d’un certain volume de production et donc d’un certain volume d’emploi. Mais, et là est le point important, il n’y a aucune raison pour que ce volume d’emploi, décidé par les entrepreneurs, correspond exactement au plein emploi, à l’emploi de ceux qui sont disposés à travailler au salaire courant. L’état de la demande effective peut ainsi conduire à un équilibre entre l’offre et la demande de travail, mais cela résulte du hasard. Il n’y a aucun mécanisme d’ajustement faisant coïncider offre et demande de travail.


Keynes montre en outre que si les revenus distribués à l’occasion de la production en permettent l’achat intégral (absence de « fuites » du circuit), on obtient un équilibre entre l’offre et la demande de biens (équilibre sur le marché des biens), mais cet équilibre peut ainsi coexister avec un déséquilibre de l’emploi (chômage). Keynes propose alors d’appeler cette situation « équilibre de sous-emploi ».     

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Vendredi 28 août 5 28 /08 /Août 20:16

I. SOURCES ET LIMITES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

1° Les facteurs contribuant à la croissance

Il y a deux facteurs de production, le travail et le capital, qui peuvent chacun contribuer à la croissance.

 

Le facteur travail

 

La population active désigne l’ensemble des personnes exerçant une activité professionnelle, participant ainsi à la création de Valeur Ajoutée (on parle alors de population active occupée), ou qui cherchent à en exercer une (chômeurs…). S’il y a augmentation de la population active occupée, il y a logiquement augmentation de la production et donc croissance économique. L’autre élément permettant la croissance est la hausse de la productivité du travail, c'est-à-dire l’efficacité de la population active occupée au travail.

La productivité du travail = quantités produites / facteur travail

Le facteur travail peut être mesuré avec le nombre de personnes participant à la production, le nombre d’heures nécessaires pour réaliser cette production ou le coût du travail.

 

La productivité du travail augmente avec :

 

- une meilleure organisation du travail,

 

- l’accumulation du capital productif (augmentation et modernisation du stock de machines par travailleur).

Le facteur capital

On appelle capital économique un actif qui procure un revenu. Il peut être immobilier, mobilier, réel ou irréel, comme un immeuble, une action, un brevet…

Le terme « capital » peut prendre des sens différents dans le monde de l’entreprise et demande à être précisé. Le capital financier correspond aux moyens de financement de l’entreprise. Il est constitué au départ par l’apport des différents actionnaires (c’est le capital social), puis par la suite par les bénéfices réalisés par l’entreprise.

Le capital technique, également appelé capital physique ou capital productif, représente l’ensemble du capital que possède une entreprise et qui lui sert à produire d’autres biens et services. On distingue alors le capital fixe, utilisé plusieurs fois dans le cycle de production (les machines par exemple) du capital circulant, incorporé au produit fini ou consommé pour permettre sa production (la farine pour la baguette du boulanger par exemple).

Le capital fixe vieillit à cause de l’usure ou devient obsolète. L’amortissement est l’opération qui consiste à évaluer le vieillissement et donc la dépréciation du capital fixe. L’entreprise doit donc investir régulièrement pour maintenir le niveau de son capital fixe. L’investissement correspond à l’achat de biens ou de services de production servant plus d’un an. Il se mesure avec un agrégat, la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF), qui correspond à l’acquisition de biens durables (investissements matériels) augmentée de quelques investissements immatériels (achat de logements et de logiciels). Attention, de nombreux investissements immatériels ne sont pas pris en compte dans de brevets…).

Le facteur capital correspond donc à tous moyens de production utilisés en complément du travail.

Toute la difficulté pour les entrepreneurs consiste à combiner les facteurs capital et travail de façon optimale : quels choix faire en matière d’investissement ou de recherche-développement ? Vaut-il mieux améliorer la productivité en modernisant l’appareil de production ou en recrutant du personnel qualifié ?

L’investissement public

Un autre facteur de croissance peut se décider au niveau des pouvoirs publics par le biais des investissements réalisés par les administrations publiques en matière d’infrastructures, d’équipements collectifs, de dépenses d’éducation, de santé, de recherche. Ces investissements permettent d’augmenter la productivité globale de l’économie (avec de meilleures routes, les produits peuvent être acheminés plus rapidement, et voir leurs coûts de production réduits). Le but des pouvoirs publics est alors de créer un environnement socioculturel favorable à l’innovation et à l’investissement.

2° Les limites de la croissance

La croissance ne va pas forcément de pair avec le développement et peut se traduire par une augmentation des inégalités, une augmentation de la pauvreté, une dégradation de l’environnement et l’épuisement de ressources primaires non renouvelables (eau, pureté de l’air…).

Il y a eu une prise de conscience de ce problème au niveau mondial et, depuis 1987, les Nations Unies utilisent la notion de développement durable pour définir un « bon développement ». Le développement durable correspond à un mode de développement qui permet de satisfaire les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. De nombreux sommets et conférences internationaux, comme le sommet de Johannesburg en 2002, tentent d’imposer des normes économiques, sociales et environnementales, mais se heurtent aux résistances des Etats (comme le refus des Etats-Unis de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effets de serre).

II. ACCUMULATION DU CAPITAL, PROGRES TECHNIQUE ET

CROISSANCE

1° Innovation et investissement

Innovation et invention


Une invention est une découverte scientifique tandis que l’innovation consiste à industrialiser une invention, à la commercialiser (mais attention, une innovation ne découle pas forcement d’une invention). Elle transforme la virtualité d’une invention en une réalité économique et industrielle (le moteur à explosion est une invention, la voiture une innovation). Par l’innovation, il y a donc une introduction de nouveautés dans le domaine de la production.

On distingue alors l’innovation de procédé qui consiste à mettre en œuvre de nouvelles méthodes de production (nouvelles machines plus performantes par exemple, remplacement d’une consommation intermédiaire par une autre moins coûteuse) de l’innovation de produit qui porte sur la qualité, les caractéristiques du produit consommé. Les innovations organisationnelles concernent les changements dans l’organisation de la production (travail à la chaîne, télétravail…).

Ce passage de l’invention à l’innovation se fait par le biais de la recherche-développement définie comme l’ensemble des activités qui visent à utiliser les résultats de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée (les inventions) dans le domaine de la production (les innovations).

Les différentes formes d’investissement

Le passage de l’invention à l’innovation nécessite d’investir pour les entreprises, pour financer la recherche développement par exemple. Un investissement peut être matériel ou immatériel (cf. supra) et répondre à différentes logiques :

 

- L’investissement de capacité : il consiste à augmenter la capacité de la production pour faire face

à une augmentation de la demande (achat d’une nouvelle machine par exemple). Il a généralement des effets positifs sur l’emploi.

 

- L’investissement de productivité ou de rationalisation : il consiste à réaliser des gains de productivité pour faire baisser les coûts de production. Si l’objectif n’est pas d’augmenter le volume produit, il peut avoir des effets négatifs sur l’emploi.

 

- L’investissement de remplacement ou de renouvellement : il consiste à remplacer le capital fixe usé ou obsolète.

 

L’investissement brut correspond à tous les investissements réalisés par une entreprise, mais il vaut mieux se fier à l’investissement net pour mesurer l’effort d’investissement d’une entreprise (on retire de l’investissement brut les amortissements et les investissements de remplacement). L’accumulation du capital désigne alors l’augmentation du capital fixe des entreprises qui résulte des investissements nets.

L’investissement national est donc formé de la somme de l’accumulation de capital (la FCBF) pour toutes les entreprises (que l’on appelle l’investissement productif), des investissements publics, ainsi que des investissements immobiliers des ménages.

Le taux d’investissement désigne le rapport de la FBCF sur le PIB. Ce ratio représente l’effort d’investissement de la nation.

Cet indicateur a ces limites puisque la part des investissements immatériels (non pris en compte dans le calcul de la FCBF l’exception de l’achat de logements et de logiciels) a fortement augmenté ces dernières et représente désormais plus de 50% de l’investissement total des entreprises.

Lien entre innovation, investissement et croissance


On constate une corrélation entre innovation, investissement et croissance économique. Un investissement se traduit par des achats à d’autres entreprises, ce qui soutient la croissance. De plus, si une entreprise a augmenté sa capacité de production en achetant une nouvelle machine, elle va certainement avoir besoin d’augmenter ses consommations intermédiaires pour produire plus. On parle alors du cercle vertueux de la croissance et de l’investissement.

Durant les Trente Glorieuses, les pays développés ont ainsi soutenu leur croissance par un effort d'
investissement important. En augmentant la capacité de production, en permettant des gains de productivité, les investissements font baisser les coûts unitaires (pour une unité de production, les facteurs de production, travail et capital, sont moindres). Cette baisse peut alors permettre de baisser les prix, d’augmenter les profits et les salaires, ce qui est source de croissance.

2° Les différentes formes de financement

Le financement interne ou autofinancement consiste pour une entreprise à utiliser son épargne, c’est-à-dire ses propres ressources pour financer son investissement. Cette ressource entraîne une ponction sur les profits. Ce mode de financement exempte l’entreprise des coûts de l’emprunt.


Le financement externe indirect
: l’entreprise passe par des intermédiaires financiers (ce financement est dit intermédié) pour obtenir les fonds dont elle a besoin. Les banques accordent des prêts aux entreprises pour qu’elles financent leurs investissements. Ce mode de financement a un coût pour les entreprises car elles doivent payer des frais financiers (les intérêts du prêt).


Le financement externe direct
: l’entreprise peut choisir d’émettre soit des actions, soit des obligations.

Une action est une part du capital social de l’entreprise, l’actionnaire est donc propriétaire d’une partie de l’entreprise. Emettre des actions a un coût pour l’entreprise, car elle doit verser régulièrement des dividendes à ses actionnaires. Une obligation est une dette contractée auprès des ménages sur le marché financier. Ces derniers reçoivent régulièrement pendant une durée limitée (en général plus de cinq ans) les intérêts de cet emprunt, puis à l’échéance de l’obligation, l’entreprise rembourse l’intégralité du montant. A la différence des actionnaires, le possesseur d’une obligation n’a aucun droit sur l’entreprise. Lorsqu’une entreprise émet un grand nombre d’obligations, elle peut perdre sa crédibilité financière.

3° Les déterminants de l’investissement

Les facteurs financiers

Les investissements ayant un coût parfois important, l’entreprise ne sera tentée d’investir que si les profits espérés par ces investissements sont tout aussi importants. Si les taux d’intérêt sont élevés, l’entreprise aura en effet plus intérêt à placer son argent, à épargner et à contracter des créances plutôt qu’à investir (coûts de l’emprunt importants et profits attendus risqués par rapport à la sécurité d’un placement avec un taux d’intérêt fort). De même, des taux d’intérêt faibles stimulent l’investissement en allégeant les coûts de l’emprunt. L’entreprise doit donc s’efforcer de déterminer quelle rentabilité elle peut attendre de ses investissements, c’est-à-dire l’aptitude d’une opération économique ou financière à produire des revenus supérieurs aux dépenses engagées.

Le taux de rentabilité économique est le rapport entre l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) et les capitaux engagés pour réaliser un investissement. L’EBE correspond à la Valeur Ajoutée créée par l’entreprise à laquelle on enlève les charges de personnel, les impôts et les taxes (mais pas les amortissements). Pour mesurer la rentabilité d’un investissement, il est également important d’actualiser les dépenses et les recettes dans le temps.

De la rentabilité de ses investissements dépend la crédibilité d’une entreprise et donc la confiance qu’elle inspire auprès des investisseurs, à savoir les banques et les ménages. En effet, si une entreprise affiche de bons résultats et une méthode de gestion viable, elle peut émettre des actions d’une valeur élevée sans avoir de peine à trouver des acheteurs ou emprunter avec des taux préférentiels, sans « prime de risque ».

Les facteurs de production


L’investissement est aussi un arbitrage en fonction de la combinaison des facteurs de production (si le coût de la main d’œuvre augmente proportionnellement plus vite que le coût du capital, alors l’entreprise a plutôt intérêt à investir). Les entreprises doivent aussi tenir compte du degré d’obsolescence du capital. Plus le parc de machines devient vieux, moins il permet la productivité et donc la compétitivité. A long terme, le non remplacement du capital productif peut se révéler une erreur stratégique grave pour une entreprise. Il faut enfin tenir compte du taux d’utilisation des capacités de production : une entreprise ne sera incitée à investir que si ses capacités de production sont pleinement utilisées.

La demande anticipée

Si la décision d’investir dépend en partie des taux d’intérêt, une baisse des taux d’intérêt n’entraîne pas forcément une augmentation de l’investissement. Pour l’économiste John Maynard Keynes, la décision d’investir dépend en effet surtout des anticipations de la demande par les entrepreneurs. Si une entreprise prévoit une plus grande consommation de ces produits, en raison d’une innovation de produit par exemple, alors elle investira fortement pour profiter des débouchés offerts par cette demande. Dans les faits, la demande anticipée correspond rarement à la demande réalisée.

Cette demande anticipée dépend de la propension des ménages à consommer (les ménages à faibles revenus ont tendance à consommer une plus grande part de leur revenu que les autres, des taux d’intérêt élevés incitent à épargner plus qu’à consommer, particulièrement en temps de crise), de la conquête de marchés extérieurs avec une politique d’exportations et des investissements publics. Un plan de relance keynésien en temps de crise consiste ainsi pour l’Etat à soutenir « artificiellement » la demande en lançant de grands projets, comme la construction de nouvelles infrastructures, par le jeu du multiplicateur d’investissement. Pour Keynes, une injection d’investissement dans l’économie entraîne en effet une augmentation plus que proportionnelle de la production. Les richesses nouvellement produites engendrent des revenus qui se traduiront par des dépenses supplémentaires qui s’ajouteront à la dépense initiale.


4° Le progrès technique

Progrès technique et innovation


Selon la théorie des cycles, tous les 50 ans environ, les innovations balayent les anciennes industries et les remplacent par des nouvelles. Le progrès technique désigne ainsi l’accumulation des innovations, c’est-à-dire de tous les facteurs permettant d’améliorer la productivité.

En investissant sur la recherche-développement, l’entreprise aura des chances de produire des innovations sur certains produits, ou sur certaines méthodes de production. Ces innovations lui permettront d’être en avance sur ses concurrentes et de bénéficier d’une situation de monopole temporaire en étant la première sur un marché avec un produit nouveau ou moins cher. Les brevets, les licences permettent de protéger cette situation de monopole temporaire. Cette période correspondra à une augmentation importante de ses profits le temps que les autres entreprises proposent elles aussi des innovations similaires ou nouvelles. Si l’entreprise n’a pas su réinvestir ses profits, elle coure le risque d’être à terme dépassée par ses concurrentes.

Les entreprises mènent donc une course permanente aux innovations, et le progrès technique engendre un processus de « destruction créatrice » selon l’expression de l’économiste Joseph Aloïs Schumpeter : les innovations provoquent la disparition de certaines activités, qui deviennent dépassées ou obsolètes, mais en produisent de nouvelles. L’innovation a donc des effets positifs sur l’emploi et la croissance sur le long terme, même si elle peut détruire des emplois sur le court terme. Schumpeter a également mis en lumière le phénomène de « grappes d’innovations », c’est-à-dire l’apparition de nombreuses innovations en un court laps de temps, les innovations s’entraînant les unes les autres, une même innovation trouvant des applications diverses.

Sur le long terme, on constate donc une interaction entre innovation, progrès technique et croissance économique qui forment un cercle vertueux.

Progrès technique et changement social

En accompagnant la croissance économique, le progrès technique produit du changement social, car il peut modifier durablement la structure et l’organisation sociale, les modes de consommation… Les progrès techniques réalisés dans l’industrie ont ainsi permis d’améliorer la productivité de certaines branches industrielles qui ont pu produire autant voire plus avec moins de personnel. Ces salariés sont alors souvent passés du secteur secondaire (l’industrie) au secteur tertiaire (les services), fortement créateur d’emploi ces dernières années. Le progrès technique a ainsi accentué et accompagné le phénomène de tertiarisation de l’économie.

Exemples de sujets de réflexion


Peut-il y avoir croissance sans développement ?

La croissance du PIB s’accompagne-t-elle systématiquement du progrès technique et social ?

 Peut-on concilier croissance économique et développement durable ?

Les écarts de développement entre pays tendent-ils à se réduire ?

Quelles sont les conséquences de l’investissement dans les pays industrialisés ?

La relation entre la demande et l’investissement.

Dans quelle mesure l’innovation favorise-t-elle la croissance économique ?

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Vendredi 28 août 5 28 /08 /Août 19:25

I. CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT

1° Définitions 

La croissance est une notion quantitative et correspond à l’accroissement des ressources dont disposent les membres d’une société sur une période donnée. Les principaux indicateurs de la croissance sont :

 

 - La Valeur Ajoutée (VA) : elle mesure la production effective d’une entreprise, en faisant la différence entre la valeur finale d’un produit et la somme des valeurs de toutes les consommations intermédiaires, c’est-à-dire tous les produits qui ont fait partie du processus de production (pour un boulanger, cela correspond au prix de la baguette dont il déduit le coût de la farine, du sel, de l’eau mais aussi de l’énergie nécessaire pour produire sa baguette…). Elle sert de référentiel au calcul de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée).

 

 - Le PIB (Produit Intérieur Brut): il mesure par année la somme des VA produites par les entreprises situées sur le territoire national pendant un an. Cela correspond à la richesse créée par le pays. Il ne faut pas confondre cette notion avec le PNB (Produit National Brut) qui mesure la richesse créée en un an par les entreprises françaises situées en France et à l’étranger. On parle de PIB réel lorsque l’on a déduit de la mesure du PIB en valeur absolue les effets de l’inflation. On distingue également le PIB marchand du PIB non marchand qui correspond à l’activité productive des administrations publiques.

 

- Le revenu par tête : il correspond au PIB divisé par le nombre d’habitants du pays. Il permet de connaître la richesse moyenne par habitant d’un pays. C’est cet indicateur qui permet de faire des comparaisons entre différents pays.

 

La mesure de la croissance avec le PIB pour seul indicateur pose cependant problème, car ce dernier ne prend pas en compte tout le poids de l’économie informelle, c’est-à-dire toutes les activités qui échappent à la Comptabilité Nationale, comme le bénévolat, l’économie clandestine ou souterraine, l’autoconsommation (consommation par le producteur d’une partie de son produit)…

• Le développement :


Par opposition à la croissance, le développement est une notion plus qualitative qui résulte des transformations structurelles économiques, sociales et culturelles qui favorisent durablement le bien-être d’une population. Le principal indicateur du développement est l’IDH (Indicateur de développement Humain) datant de 1990. L’IDH combine les critères suivants :

 

- l’alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation,

 

- l’espérance de vie à la naissance,

 

- le PIB par habitant corrigé du pouvoir d’achat par pays.

 

Il est compris entre 0 et 1. Plus il est proche de 0, plus il est faible.

Pour compléter l’IDH qui peut masquer certaines inégalités de répartition entre différents pays ou au sein d’un même pays, d’autres indicateurs ont été mis en place, comme l’IPH (Indicateur de Pauvreté Humaine) ou l’IPF (Indicateur de la Participation des Femmes qui vise à évaluer les inégalités entre hommes et femmes dans la vie économique et politique).


2° Disparités dans le temps et l’espace

 

La croissance est un processus long et cumulatif et connaît donc des phases d’accélération et de décélération avec de nombreuses fluctuations à court terme. Durant le XXe siècle, la croissance de la France a été en moyenne de 2,4% par an (ce qui représente une multiplication des richesses par 10 sur la période) avec des pics à plus de 5% durant les Trente Glorieuses contre 1,8% pour la décennie 1990-2000. A l’échelle mondiale, on est loin d’une convergence générale des niveaux de vie. L’IDH permet ainsi de mesurer les écarts de développement considérables entre les pays en développement et ceux de la Triade (Union Européenne, Etats-Unis et Japon). Les écarts sont également importants au sein d’un même pays (le PIB par habitant élevé de certains pays producteurs de pétrole masque des disparités profondes, car une toute petite partie de la population s’approprie la part principale de la richesse du pays). On parle alors d’économie et de sociétés duales car des secteurs riches, développés et modernes côtoient des secteurs d’une grande pauvreté.

II. L

 

ES INTERACTIONS ENTRE CROISSANCE, DEVELOPPEMENT ET CHANGEMENT SOCIAL

1° Les relations entre la croissance et le développement

La croissance économique est nécessaire au développement économique et social car elle permet l’augmentation de certaines dépenses (éducation, santé) et la hausse générale du niveau de vie qui améliorent le bien-être de la population. Une économie dont le PIB augmente peut proposer une offre plus diversifiée au consommateur et donc plus le satisfaire. En revanche, la croissance n’induit pas forcément le développement, particulièrement lorsque la répartition des revenus est fortement inégale, la croissance ne bénéficiant alors qu’aux plus riches.

Le développement soutient quant à lui toujours la croissance économique, notamment à long terme. Une population en meilleure santé, plus instruite favorise en effet la productivité et soutient la demande.

2° Les relations avec le changement social


Par définition, le changement social désigne des transformations durables de la structure et du fonctionnement de l’organisation d’une société. Il peut concerner l’évolution des systèmes de valeurs, des normes, des positions et de la structure sociale, des institutions…

Croissance et développement induisent donc des changements dans l’organisation sociale, avec par exemple une plus grande représentativité des femmes dans la vie politique et économique, une société plus mobile…

Mais un des facteurs principaux du changement social réside dans le système de valeurs, qui peut avoir une influence sur le développement économique, comme l’a par exemple développé Max Weber dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1904-1905). Selon ce sociologue et économiste allemand, les valeurs religieuses du protestantisme ont poussé les individus à utiliser rationnellement certains facteurs pour la production, en incitant à l’effort ou à l’investissement. Le système capitaliste s’appuie donc autant sur différents facteurs quantitatifs que sur des motivations individuelles.
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Jeudi 27 août 4 27 /08 /Août 19:09

 

Smith Adam  (1723-1790) :

« L’individu est conduit par une main invisible a remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intérêts ».
Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776.

Pour Smith, l’intérêt particulier conduit naturellement à l’intérêt général et il sera plus efficace de laisser faire le libre jeu des marchés sans aucune intervention de l’Etat. L’intérêt général sera ainsi mieux servi si chacun a la possibilité de poursuivre, sans entrave, ses propres intérêts particuliers. « Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’y travailler ».


« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre diner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas a leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons c’est toujours de leur avantage »
Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776.  


La recherche par chacun de son propre intérêt ne saurait constituer un obstacle au développement économique. Au contraire nous dit  A. Smith, c’est précisément la poursuite par chacun de son intérêt égoïste qui permet de réaliser l’intérêt général. Grâce à la fameuse «  main invisible », c’est l’intérêt personnel qui, sans le savoir et sans le vouloir, mène au bien être de la société.


« Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail et la plus grande partie de l’habilité, de l’adresse, de l’intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué sont dues à ce qu’il semble, à la division du travail. »
Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776, livre 1 chapitre 1.


Pour  A. Smith, la division du travail est l’une des causes principales de la richesse des Nations car elle permet une augmentation de la productivité. Mais l’origine de la division du travail est à rechercher dans le développement des échanges entre les individus comme le montre la citation suivante.  


« Cette division du travail de laquelle découle tant d’avantages (…), est la conséquence nécessaire d’un certain penchant naturel à tous les hommes (…) : c’est le penchant qui les porte à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d’une chose pour une autre
. »Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776.


L’homme a continuellement besoin du secours de ses semblables, nous dit Smith, et c’est « en vain qu’il attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de réussir s’il adresse à leur intérêt personnel et s’il les persuade que leur propre avantage commande de faire ce qu’il souhaite d’eux » c'est-à-dire échanger. Ainsi, la disposition naturelle des hommes à « trafiquer » et la recherche de leur propre intérêt conduisent a une division du travail. Pour Smith, la division du travail repose sur la propension qu’ont les hommes à échanger, ce qui va les conduire peu à peu à se spécialiser.


« Le troisième et dernier devoir du souverain ou de la République est celui d’élever et d’entretenir ces ouvrages ou ces établissements publics dont une grande société retire d’immenses avantages, mais qui sont néanmoins de nature à ne pouvoir être entrepris ou entretenus par un ou plusieurs particuliers, attendu que, pour ceux-ci, le profit ne saurait jamais leur en rembourser la dépense. »  
Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776, livre v


Lorsqu’Adam Smith considère le rôle de l’Etat, il lui assigne trois devoirs dont le premier est de « protéger la société contre la violence et l’invasion d’autres sociétés » et le deuxième de « protéger, autant qu’il est possible, chacun des membres de la société contre l’injustice ou contre l’oppression de tout autre membre de cette société ». Le troisième devoir est le plus original pour un penseur du XVIIIe siècle, et surtout pour l’un des fondateurs de l’école classique en économie, puisqu’il conduit à reconnaitre une certaine intervention de l’Etat dans la vie économique. C’est parce que le marché connait en effet certaines limites que l’Etat doit intervenir. Ainsi, les actions privées ne peuvent se développer que s’il existe des infrastructures (routes, ponts, ports, etc.) qui ne peuvent être financées par des particuliers. Adam Smith ouvre ainsi la voie à l’analyse économique de l’Etat en termes de biens collectifs et d’externalités.
  

« Les propriétaires, comme tous les autres hommes, aiment à recueillir là où ils n’ont pas semé. » Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776


Cette citation, qui concerne les revenus des propriétaires de terres, permet à Smith de définir la « rente » : celle-ci n’est pas la contrepartie d’un travail mais un revenu perçu parce qu’ils sont propriétaires qu’ils mettent à disposition d’un producteur.


« La maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coutera moins à acheter qu’à faire. »
 Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776


Adam Smith est le fondateur de l’analyse économique des échanges internationaux avec la théorie de l’avantage absolu. L’échange profite aux deux coéchangiste et ne fait pas nécessairement aux dépens de l’un ou de l’autre.


« Des impôts lourds, parfois en diminuant la consommation des produits taxées, parfois en encourageant la fraude, engendrent souvent des recettes fiscales plus faibles que celles qui auraient pu être obtenus avec des taux plus modestes. »
sur la nature et les causes de la richesse des Nations 1776


Ce passage de la Richesse des Nations montre l’ancienneté de l’idée selon laquelle « trop d’impôt tue l’impôt », idée qui sera popularisée au début des années 80 par l’américain Arthur Laffer. Déjà A ; Smith développait les effets désincitatifs potentiels d’une fiscalité trop lourde (diminution de l’activité économique).  


Pour des informations complémentaires, suivez ce lien.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith

Publié dans : Grands penseurs (économie, philosophie, finance)
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